
Quand le métabolisme se dérègle
Lutter contre la cétose chez les vaches laitières
Manque d'appétit, baisse de la production laitière, animaux apathiques : ces problèmes surviennent souvent peu après le vêlage. Les causes ne résident généralement pas dans l'alimentation actuelle, mais remontent à bien plus loin. En effet, le bon démarrage de la lactation d'une vache est déjà influencé dans l'utérus par des processus épigénétiques.
La cétose – un voleur d'énergie silencieux
Au cours des premières semaines suivant le vêlage, les besoins énergétiques d'une vache laitière sont énormes. L'organisme doit passer en mode haute performance, produire du lait, l'utérus se rétracte et le métabolisme tourne à plein régime.
Si l'apport énergétique via l'alimentation n'est pas suffisant pendant cette phase, il en résulte un bilan énergétique négatif. La vache commence alors à mobiliser ses réserves de graisse corporelle. Ce processus entraîne la formation de corps cétoniques dans le foie. En petites quantités, ils ne posent pas de problème, mais si leur nombre augmente trop, ils sollicitent le foie et s'accumulent dans le sang. Il en résulte une cétose, un trouble métabolique. Conséquence : la vache semble apathique, mange mal, produit moins de lait et est plus vulnérable à d'autres maladies.
Vulnérable dès le début ?
Quel est le rapport entre la cétose et l'épigénétique ? Plus qu'on ne le pense. La vulnérabilité d'une vache aux problèmes métaboliques dépend entre autres de son empreinte épigénétique.
Dès le stade embryonnaire et au cours des premières semaines de vie, des gènes essentiels à l'utilisation de l'énergie, au métabolisme hépatique et aux défenses immunitaires sont activés ou désactivés. C'est donc pendant la gestation que se décide la performance future du métabolisme du veau. Si la génisse ou la vache ne reçoit pas suffisamment d'énergie pendant cette phase, le veau peut naître avec un poids inférieur à la normale. Une circonstance qui a des répercussions à long terme sur la santé de l'animal. Des études montrent que les animaux chétifs présentent plus tard un risque nettement plus élevé de troubles métaboliques tels que la cétose.
La phase d'allaitement joue également un rôle important. Pour stabiliser le métabolisme, il est notamment nécessaire de donner suffisamment de colostrum immédiatement après la naissance. Au cours des semaines suivantes, il est également important de nourrir intensivement le veau et de lui fournir un apport équilibré en énergie et en nutriments.
Prévenir la cétose et la combattre de manière ciblée
Pour éviter l'apparition de la cétose, il convient d'agir à plusieurs niveaux. Avant le vêlage, il est essentiel de fournir aux animaux une ration adaptée à leurs besoins énergétiques. Les vaches ne doivent être ni en surpoids ni trop maigres au moment d'entrer en période de tarissement.
Immédiatement après le vêlage, des compléments alimentaires riches en énergie aident à stabiliser le métabolisme. Les bolus, pâtes ou solutions liquides permettent de fournir rapidement et en quantité suffisante l'énergie nécessaire.
Le contrôle régulier de la teneur en protéines du lait et du taux de corps cétoniques dans le sang (taux de β-hydroxybutyrate – BHB) permet d'identifier précocement les animaux à risque et de leur prodiguer des soins ciblés. Si le taux de BHB dans le sang augmente, le risque de cétose métabolique augmente également. Des tests rapides permettent de déterminer ce taux directement dans l'étable.
Qu'est-ce que la cétose ?
La cétose est un trouble métabolique chez les vaches laitières. Elle survient généralement dans les premières semaines après le vêlage, lorsque les besoins énergétiques augmentent fortement, notamment en raison de la production de lait. Si ces besoins ne peuvent être couverts par l'alimentation, l'organisme commence à mobiliser les graisses. Cela entraîne la formation de corps cétoniques qui s'accumulent dans le sang et sollicitent le foie.
Comment reconnaître la cétose ?
Baisse de la consommation alimentaire
Baisse de la production laitière
Apathie et indifférence
Perte de poids
Sensibilité accrue aux maladies secondaires
Que faire ?
Ration équilibrée autour du vêlage
Compléments alimentaires riches en énergie (par exemple bolus, pâtes ou produits liquides)
Contrôle précoce du taux de β-hydroxybutyrate (BHB) dans le sang
Gestion épigénétique efficace dès la gestation